Dans la peinture, Pschema Karolak retrouve la même exigence que dans la sculpture : une recherche de justesse, de respiration, de cohérence intérieure. Techniques mixtes, aquarelle, dessin : trois approches, trois matières, trois manières d’entrer dans la lumière.
Chaque geste est précis, mesuré, attentif. La superposition, la transparence, la ligne deviennent des chemins vers une forme qui tient, qui s’équilibre, qui s’apaise.
Ses peintures portent la trace d’un savoir-faire patient, où la maîtrise ouvre un espace habité à explorer.

A travers l'acrylique et les techniques mixtes Pschema Karolak explore une abstraction vivante, stratifiée, en transformation. Dans les grands formats, la matière se superpose, se fissure, se dépose en strates qui gardent la trace du geste. Les couleurs, profondes, vibrantes, qui parfois se heurtent, dialoguent avec des zones plus calmes, plus silencieuses.
L’abstraction n’est jamais un chaos : elle est une construction patiente, où chaque couche cherche son équilibre, ouvre un passage. Les lignes traversent la surface comme des forces intérieures, organisant le mouvement, retenant l’élan, structurant le désordre.
Les toiles de Pschema Karolak ouvrent un espace méditatif, un lieu où la matière respire, où la lumière affleure. Ce ne sont pas des tableaux à lire, mais des tableaux à habiter, invitant à la contemplation, à une forme de présence et de silence actif.

L’aquarelle est pour Pschema Karolak un espace de relation. Dans des formats intimes (10×10, 15×15, 20×20 cm) des silhouettes humaines apparaissent, en duo, en groupe et toujours en interaction. Rien n’est figé : les corps sont esquissés, les visages à peine suggérés, les gestes ouverts. La relation se joue dans le flou, dans l’approche et dans l’écoute.
La couleur circule en lavis légers, en transparences superposées. Elle construit l’atmosphère plus qu’elle ne décrit. Chaque figure semble émerger d’un fond mouvant, comme portée par la lumière ou absorbée par elle.
Les aquarelles de Pschema Karolak ne cherchent pas à représenter : elles cherchent à faire sentir. Elles ouvrent un espace de présence discrète, de lien silencieux, de contemplation partagée.

Tout commence par une ligne, une ligne qui cherche, qui gratte, qui s’épaissit, qui se perd. Fusain, crayon aquarellable y laissent des traces brutes : noirs qui saturent, gris qui s’effilochent, blancs qui résistent.
Les formats du papier offrent assez de champ pour que le geste déborde, se reprenne, insiste. Parfois la feuille se remplit d’un enchevêtrement de traits, presque une tempête. Parfois, au contraire, une forme apparaît, un visage, une présence, tenue par quelques lignes à peine.
Le dessin circule entre ces deux pôles : débordement et retenue, densité et apparition. Rien n'est décoratif, le dessin avance comme un risque pris à chaque trait.